Mayotte
| ::Présentation générale et historique de Mayotte |
L'île Hippocampe:
située dans l'hémisphère sud, entre l'équateur et le tropique du Capricorne, à l'entrée du Canal du Mozambique,
à mi-chemin entre Madagascar et l'Afrique, Mayotte est un petit archipel volcanique de 374 km². Il forme lui-même la partie orientale de l'archipel des Comores.
Mayotte comprend deux îles principales et une trentaine de petits îlots parsemés dans un lagon de plus de 1500 km². L'île principale, Grande-Terre,
découpée et pentue, est formée de 6 massifs érodés dont le point culminant est le Mont Bénara (660 m). L'îlot de Pamandzi et le rocher de Dzaoudzi, reliés par une digue appelée le Boulevard des Crabes, constituent Petite-Terre.
Le chef-lieu est provisoirement situé à Dzaoudzi, mais l'activité économique est concentrée autour de Mamoudzou, en Grande-Terre.
Les traces du volcanisme ancien, les côtes, très découpées, forment des caps, des presqu'îles, des baies profondes bordées de mangroves. C'est la forme particulière de l'île qui lui a valu le surnom " d'île hippocampe "
Le climat de Mayotte est de type " tropical humide " avec une moyenne annuelle de 25,6°C. L'île connaît deux saisons: - la saison des pluies, d'octobre en mars ; - la saison sèche, d'avril à septembre.
De l'archipel des sultans batailleurs à la Collectivité territoriale de Mayotte:
*Aux origines du peuplement de Mayotte: le premier peuplement de Mayotte, situé entre le 5ème et le 8ème siècle, serait d'origine bantoue. Jusqu'au 13ème siècle,
le commerce se développe avec les autres îles du Canal du Mozambique, Madagascar et l'Afrique. Les invasions arabes se succèdent et amènent la culture swahilie et la religion musulmane.
Des sultanats rivaux se créent dans l'archipel des Comores.
Les premiers Européens, portugais et français, débarquent à Mayotte vers le 15ème siècle, et utilisent l'archipel comme point de ravitaillement sur la Route des Indes.
A la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle, Mayotte est le théâtre de troubles violents (razzias d'esclaves par les Malgaches, pillages, guerres de succession, etc.) et la population est réduite à 3000 personnes.
*Mayotte française: Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsouli, d'origine malgache, cède l'île de Mayotte à la France, représentée par le Commandant Passot. Mayotte devient alors colonie française. L'esclavage y est aboli en 1846.
De 1886 à 1892, soit près d'un demi-siècle plus tard, la France établit son protectorat sur les trois autres îles des Comores, l'archipel étant placé sous l'autorité du gouverneur de Mayotte.
Par la loi du 25 juillet 1912, la colonie de " Mayotte et Dépendances " est rattachée à la colonie française de Madagascar. En 1946, l'archipel des Comores obtient le statut de Territoire d'Outre-mer, ayant pour chef-lieu Dzaoudzi.
En décembre 1974, un référendum est organisé sur l'indépendance des îles des Comores. Le décompte des suffrages île par île fait apparaître que Mayotte souhaite rester dans le giron de la république française à 63,8% des voix.
Une nouvelle consultation de Mayotte est organisée en février 1976 : la population plébiscite le maintien de Mayotte au sein de la République française à 99,4%.
Le 24 décembre 1976, les Comores proclament unilatéralement leur indépendance. Avec la loi du 24 décembre 1976, Mayotte se voit dotée d'un statut provisoire de Collectivité Territoriale de la République.
L'ancrage de Mayotte dans la république française est réaffirmé par la loi du 22 décembre 1979 qui stipule que " l'île de Mayotte fait partie de la République française et ne peut cesser d'y appartenir sans le consentement de
sa population. Depuis mi-juillet 2001, Mayotte a un statut de Collectivité Départementale.
*Organisation administrative:
- L'Etat est représenté à Mayotte par un Préfet, Représentant du Gouvernement, nommé en Conseil des Ministres par décret du Président de la République. Le préfet a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.
Depuis mi-juillet 2001, avec le statut de Collectivité Départementale, le Préfet n'est plus Représentant du Gouvernement mais seulement porte le titre " de Préfet de Mayotte ".
- Les Mahorais élisent un Conseil Général, organe politique de la Collectivité Territoriale de Mayotte. Le Conseil Général est composé de 19 conseillers généraux élus au suffrage universel direct pour 6 ans.
- Mayotte est découpée en 17 communes. Les communes sont administrées par un conseil municipal présidé par le Maire. Les conseillers municipaux élus au suffrage universel direct désignent parmi eux le Maire.
- L'état civil à Mayotte se caractérise par sa dualité. Il existe en effet deux états civils distincts : l'état civil de droit commun et l'état civil applicable aux Mahorais musulmans ayant conservé leur statut personnel en application de l'article 75 de la Constitution.
- L'organisation juridictionnelle : un Tribunal de première Instance et un Tribunal Supérieur d'Appel siègent à Mayotte. Les litiges nés de l'application du droit local sont de la compétence de juridictions particulières de droit local : juridictions de premier degré (tribunaux de Cadis), juridiction d'appel (le Grand Cadi), et juridiction de cassation (le Tribunal Supérieur d'Appel statue en chambre d'annulation musulmane)
- Mayotte dans les institutions françaises et européennes : Mayotte est représentée au Parlement par un député et un sénateur. Elle dispose d'un siège au Conseil économique et social. Au sein de l'Union Européenne, Mayotte entre dans la catégorie des PTOM (Pays et Territoires d'Outre-Mer). Mayotte appartient à la zone Euro qui lui sera applicable à partir du 1er janvier 2002.
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| ::Présentation du paysage religieux |
La population mahoraise:
En 30 ans, la population de Mayotte a été multipliée par 4, pour atteindre 131 320 habitants en 1997 (source INSEE). La densité moyenne s'élève à 351 habitants au km².
La population mahoraise est jeune : les moins de 20 ans représentent 56% de la population totale, pourcentage le plus élevé de tous les territoires français.
La population mahoraise est issue d'un métissage entre les populations d'origine bantoue et les différentes vagues d'immigration, principalement malgache. Parmi les minorités présentes sur l'île, la communauté indienne occupe une place importante, particulièrement dans le secteur du commerce.
La population mahoraise n'est pas francophone : la langue maternelle des Mahorais est le shimaoré (d'origine swahilie) ou le shiboushi (d'origine malgache). Plus des 2/3 des Mahorais ignorent le français, langue officielle de Mayotte.
Mayotte, terre d'Islam et de traditions:
Omniprésent dans la société mahoraise, l'islam structure la vie quotidienne des habitants par ses règles et ses coutumes. Les enfants fréquentent l'école coranique, généralement tôt le matin, avant l'école laïque.
Le droit coutumier inspiré du droit musulman et des coutumes africaines et malgaches s'applique aux Mahorais ayant conservé leur statut personnel, comme le permet l'article 75 de la Constitution.
Le statut personnel, statut de droit civil, concerne essentiellement les droits de la personne et de la famille, ainsi que les droits patrimoniaux. Dans ces domaines, les Mahorais ayant conservé leur statut personnel sont donc soumis à des règles particulières : polygamie, possibilité de répudiation de la femme par le mari, inégalité des sexes en matière de droit successoral, etc. La grande majorité de la population méconnaît son propre statut.
La société mahoraise traditionnelle fonctionne sur les principes de la prééminence du groupe sur l'individu, de la matrilinéarité (filiation définie dans la lignée maternelle) et la matrilocalité (résidence de la famille chez la mère). La culture mahoraise s'appuie sur une tradition orale riche.
©Eglise EEIM 2003-2004
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